Une pièce qui fait FROID dans le dos. Article critique rédigé par les élèves de la 2nde STD2A.

Jeudi 23 janvier 2020, à l’école Boulle, nous avons assisté à la représentation de la pièce de Lars Norén, Froid. Cette tragédie contemporaine tirée d’un fait divers de 2002 est mise en scène par Marine Toulet, et interprétée par quatre comédiens.

En Suède, trois lycéens, Keith, Anders et Ismaël, se retrouvent en forêt pour fêter la fin des cours. Ils parlent de leur amour pour la « race » suédoise, mais aussi de leur fascination pour le passage à l’acte par excellence, la mise à mort de quelqu’un. Keith, le chef du groupe, domine ses amis par sa violence et son autorité. Ils sont intimidés et tentent de se mettre en valeur à ses yeux.

Apparait alors Karl, un camarade de classe. Il est le contraire des trois autres personnages : d’origine coréenne, il a été adopté par une famille suédoise aisée ; bon élève, il est promis à un avenir brillant.

Les trois adolescents le contraignent à rester sous le prétexte de boire des bières avec eux. La situation dégénère progressivement : le téléphone et le portefeuille de Karl sont subtilisés, il est agressé verbalement et physiquement. Néanmoins, il ne saisit pas les quelques occasions qu’il a de s’enfuir car il espère, par la parole, réussir à raisonner ses agresseurs.

Cette résistance face à leurs pressions ne fait qu’amplifier la férocité de ces derniers : Karl représente l’exemple de l’ennemi et de l’injustice dont ils se sentent victimes.

Nous avons été marqués par le jeu des acteurs qui, paradoxalement mis en valeur par l’absence de décor, transcrivait sans filtre et en temps réel la violence des échanges. Notre trouble provenait du fait qu’il devenait difficile de dissocier l’acteur du personnage.

C’est pourquoi le débat proposé à la fin de la représentation s’est avéré essentiel. Après une pause permettant aux comédiens de sortir de leur rôle, nous avons pu échanger avec eux et leur metteuse en scène à propos de la brutalité verbale et physique des personnages qu’ils devaient incarner, et de leur préparation mentale pour assumer de représenter des convictions extrémistes.

Nous sommes tombés d’accord sur la nécessité d’exposer une réalité que l’on préfère souvent cacher, et de faire réfléchir sur le fait que le plus grand danger de l’être humain, c’est lui-même.