Anne Melon

Promotion 2015
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LE PROJET

Table à ouvrage - Château de Fontainebleau

Onze mois de recherches et d’atelier, intenses et stimulants : il n’en fallait pas moins pour restaurer cette table, qui devait à la fois conserver son intégrité, sa valeur historique, et retrouver une unité visuelle. Établis en accord avec conservateurs et professeurs d’atelier, les objectifs se sont appuyés sur la réversibilité des techniques employées (ensemble des collages effectués à la colle animale, par exemple) et la lisibilité des restitutions (pièces en nacre et console), en comptant sur une étude approfondie et une documentation solide. Pendant presque deux siècles, la table a été peu utilisée, cependant, le poids des années et les conditions de stockage ont causé de sévères dégradations. L’ensemble du meuble était très encrassé. Plusieurs fissures fragilisaient sa structure qui se désolidarisait. Moulures, placage, nacre et écailles de tortue se décollaient. Il manquait plus de cent trente pièces en nacre. La corbeille présentait une trentaine de fentes. Trois consoles étaient arrachées de l’anneau sur lequel le panier en taffetas de soie est fixé. Leur structure en multiplis se décollait. Il manquait également une console et la coupelle était brisée en sept fragments. Cette table demandait un travail minutieux et patient, pour lequel nous avons utilisé des techniques traditionnelles mais aussi de nouvelles technologies, telles que la découpe au laser ou le collage sous vide d’air. Ce dernier a été employé pour réaliser des infiltrations de colle au niveau de la structure, des soulèvements de placage et des fissures, des consoles et de la coupelle fragmentée. Concernant les pièces en nacre, un relevé manuel de chaque empreinte d’incrustation a été réalisé puis numérisé pour être ensuite découpé au laser. Après plusieurs recherches, la nacre blanche Pinctada Maxima s’est avérée la plus proche de l’originale. Pour identifier ces nouvelles pièces, « 2015 » a été gravé sur chacune d’elles en contre parement. Et la console perdue ? Un moule réalisé d’après les autres existantes a permis de la recréer, suivant modèle originel en multiplis. Pour conserver le vernis ancien, nous avons nettoyé l’ensemble du meuble à la salive synthétique. Les bronzes dorés ont été nettoyés à l’aide d’un gel. Afin d’unifier le décor, quelques retouches ont été apposées et une cire de carnauba a été appliquée pour valoriser les tonalités de l’œuvre. La restauration et le travail de recherche que cette œuvre remarquable a suscité en ont fait un sujet d’étude passionnant !