Laura Anastasio Forcisi

Promotion 2014
E-mail :
Télécharger le CV

LE PROJET

IMAGINATION ET COMPUTATION Des jeux entre tangible et digital

Autour du jeu des petites voitures et des déguisements, je propose cinq démonstrations de la manière dont nous pourrions réaugmenter l’imaginaire dans des jeux plus traditionnels. Les modalités propres au numérique que sont le paramétrique, le génératif et l’informatif peuvent être appliqués aux jeux d’enfants. 

 

Random // circuit automobile génératif

Le circuit automobile est généré via le logiciel informatique Processing. Le joueur n’est donc pas responsable de tout, le jeu s’autogénère seul après paramétrage. Le circuit est projeté de manière à ce que l’enfant conserve sa petite voiture métallique, équipée d’une puce, pour que les évenements puissent intervenir en temps réel pendant que l’enfant joue. L’enfant peut régler lui-même son circuit : la vitesse de génération des routes, les nombre d’arbres, de maisons, et le taux de courbes. Mais dans un second temps, l’enfant n’est plus responsable du jeu puisque le circuit s’autogénère, il peut être surpris par les routes se dessinant sous ses yeux. Il y a une inclusion d’accidents dans le jeu : que se passe-t-il si l’enfant ne les respecte pas ? S’il ne fait pas demi-tour face à un accident ? Le circuit se complexifie en se regénérant. Durant les tests, certains enfants choisissent d’éviter les accidents, ou au contraire de passer volontairement dessus. Les accidents proposent un jeu dans le jeu qui augmente le caractère ludique de la situation.

 

Vroum // petite voiture connectée

Il s’agit de l’augmentation et de la création d’une petite voiture selon 3 modes de jeu : exploration, lecture et échange. Dans un premier temps, l’enfant avec sa petite voiture existante va recupérer des pouvoirs et des capacités dans son environnement, grâce au qr code attribué et à l’application pour smartphone. Ces capacités sont parsemées dans l’environnement quotidien de l’enfant, comme un filtre informatif. L’enfant les capte par la fonction caméra du smartphone (un ensemble de couleurs correspond à une capacité). ll augmente progressivement sa petite voiture virtuellement par la collecte mais aussi par l’échange avec d’autres joueurs. La petite voiture peut ensuite être imprimée en 3d avec les capacités matérialisées et intégrées. Il y a un apport d’unicité par l’ajout d’information : on passe d’une petite voiture que tout le monde peut avoir à une petite voiture unique grâce au qr code imprimé et collé.  Cela induit un autre genre de commercialisation : un jouet existant + une application. Une nouvelle petite voiture peut également être créé via l’impression 3D.

 

Les histoires continuées // construction d’histoires à plusieurs 

L’enfant invente un morceau d’histoire en partant de la carte qu’il pose. Ces morceaux d’histoires peuvent être créés par différents enfants, mélangeant ainsi les imaginaires. Il s’agit d’un système de cadavres exquis avec des éléments narratifs à composer. La base graphique comporte des éléments plus ou moins abstraits. Avec le numérique il est possible de recomposer, de décomposer, de déjouer les éléments : on assiste à une dé-linéarisation de l’histoire. Le travail audio et l’interface permettent de revenir en arrière, de modifier un précédent contenu, de réécouter une carte, d’en déplacer une et de la réutiliser à un autre moment : les cartes ne s’empilent pas, elles s’étalent pour permettre des croisements. L’histoire est une composante du déguisement, elle est ce sur quoi le déguisement se base. Elle peut devenir fond sonore pour une seconde phase de jeu, comme un retour d’expérience du jeu.

 

Back to paper // accessoires paramétrés 

Il est possible d’augmenter un jouet existant, mais aussi d’en créer un de toute pièce, et de donner en quelque sorte à l’enfant un rôle de créateur. Je propose à l’enfant de créer son accessoire, épée ou baguette, par des outils décomplexifiés et intuitifs. Il s’agit d’un système de paramétrage ouvert, grâce à des curseurs où l’enfant fait varier une forme de base. Chaque accessoire sera donc spéficique à l’enfant. Réception par voie postale deux jours plus tard sous forme de patron, prédécoupé/précollé pour un montage facile. Il s’agit d’un accessoire éphémère, à moins de 3 euros, destructible. Lors des tests réalisés avec deux garçons, ils detournent le defaut technique (une fixation trop fragile) pour en faire un jeu de combat. Ils mettent en place un compteur, celui qui fait tomber l’epée de l’autre marque un point.

 

Abracadabra // théâtre numérique 

Ici l’accessoire tangible (épée, glaive, baguette magique, etc.) est conservé, et augmenté virtuellement. L’enfant choisit l’effet, le pouvoir qu’il désire attribuer à son accessoire (les effets sont générés avec le logiciel Processing afin d’offrir un certain aléatoire). Il y a un caractère magique du numérique pour l’enfant, comme une matérialisation des pouvoirs. Le dispositif composé d’une interface, d’une caméra à détecteur de mouvement ainsi qu’un projecteur, permet à l’enfant de dessiner son arrière-plan, son fond de jeu. En exploitant le changement d’échelle, ses chateaux forts ou autres environnements de jeu dessinés (format A4 généralement), peuvent devenir terrains de jeu. Néanmoins, la phase-test révèle que le mode de presentation du jeu pose problème, il est trop assimlable à une console nouvelle generation, il faudrait penser un autre format, horizontal peut-être.