Adriane Favre

Promotion 2013
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LE PROJET

Carence féminine

Comment conserver sa féminité dans les lieux de privation de liberté ?

3,6% de la population carcérale en France, 2800 femmes, 1 centre de détention. Que reste-t-il de la féminité dans ces lieux conçus pour et par des hommes ?

 

Après une étude de la féminité en détention - lorsque le corps est bouleversé, le soin de l'apparence en partie proscrit et l'univers asexué - je m'intéresse aux rôles qui définissent l'identité d'une femme. J'ai choisi d'interroger la femme amante, épouse, séductrice à travers l'expérience difficile et délicate du parloir, entre une détenue et son conjoint.

Lorsqu'on étudie le Code de Procédure Pénale de près, on découvre que le sexe en prison n'est pas interdit. Son contrôle se fait sur le fondement de l'article D.249, qui considère comme une faute de second degrès "le fait d'imposer à la vue d'autrui des actes obscènes ou susceptibles d'offenser la pudeur". Pourtant, permettre de tisser des liens amicaux et affectifs apparaît comme une nécessité pour engager une future réinsertion. Or, le mot "sexe" ou "sexualité"  n'apparaît pas à l'écrit, le manque vient d'un point de vue architectural, car rien n'est prévu pour préserver l'intimité.

Ainsi, je propose l'aménagement d'un "parloir intime", espace-temps dédié aux relations amicales, affectives et amoureuses dans des conditions dignes et adaptées aux moyens et aux contraintes de sécurité pénitentiaires.