La Bourgogne c’est aussi les bois rares

Le pôle bois visite la scierie TAVIOT en Bourgogne

Jeudi 21 février 2013 8h30

Visiter une scierie en fonctionnement n'est pas chose aisée en Région Parisienne. Un de nos fournisseurs Mr et Mme TAVIOT à Arthonay en Bourgogne, ont accepté de recevoir prés de 70 de nos étudiants ainsi que leurs accompagnateurs. Malgré un froid venu du Nord, nous avons vu le débit de billes, visité le hangar de stockage et voyagé dans le monde entier via les bois venus de Birmanie, d'Afrique, d'Amérique portant des noms évocateurs de bois de rose, de violette, de cocobolo, de citronnier et autre amourette...

 

 

Tous les métiers du bois ont en commun un même et unique matériau : le bois. Pourtant ce denier se conjugue au pluriel dans plusieurs domaines, comme par exemple la première transformation, c'est-à-dire celle de l’abattage et du débit en plot. Et c’est en Bourgogne que nos étudiants l’ont découvert.

Ce jeudi 21 février prés de 75 élèves et étudiants se sont rendus dans la scierie « TAVIOT » à Arthonnay en Bourgogne afin de découvrir  ce qu’était une scierie à taille humaine, ce qu’on y faisait comment cela fonctionnait et toute la capacité à proposer aux clients des produits de très grande qualité.

Cette entreprise était à l’origine productrice de charbon de bois. Monsieur  et  Madame TAVIOT en sont depuis 2002 les deux acteurs principaux, aidés d’un seul salarié et épisodiquement  d’un de leurs enfants, leur fils, durant quelques périodes de vacances.

En 2002, ils comprennent que la diversification est la seule chance de développement et des rencontres improbables leur font  choisir ce que les autres entreprises ne proposent pas à savoir la présentation de bois d’exception.

Fini le chêne ou le hêtre,  ne rentrent à la scierie que des noyers finement sélectionnés, des merisiers cinquantenaires ayant poussé dans des lieus leur donnant une robe hors pair, des sycomores au grain si serré que le reflet pourrait les faire ressembler à l’ivoire…vous l’avez compris, nous sommes ici dans un antre qui ne dévoile ses secrets qu’à ceux qui savent en déchiffrer les clés. Toutes les questions des étudiants  trouvent ici les réponses, en témoignent les échanges auxquels nous assistons.

Ce ne sont là que quelques exemples pour les bois de pays, car, comme nous le font remarquer nos hôtes, les années passant, ils découvrent les bois précieux et là c’est une toute autre histoire.

Nous sommes alors dans la réserve et nous voyageons dans le monde entier en découvrant les ébènes du Congo, de Côte d’Ivoire ou du Mozambique pour les plus noirs, ceux de Macassar incomparables pour leurs décors dont un certain Ruhlmann a su tirer tous les effets,  les arbres cathédrales  le « carapanouba »dont les décorateurs savent utiliser les formes extraordinaires, les transformer et les exposer en lieu et place d’œuvres d’art qu’un GAUDI ne renierait pas. Nous découvrons des noms et des bois comme le « chatekoc » ou « read heat » dit « bois de sang », les amourettes, les bois de rose et de violette, le fameux « cocobolo » d’Amérique centrale, le citronnier de Ceylan, le teck de Birmanie, le Palissandre des Indes,  le wenge et bien d’autres encore, tous déclinés en bois massifs de différentes épaisseurs.

Mais là n’était pas le seul but de notre visite, puisque nous assistons maintenant  à la découverte de la scierie à proprement parlé. Dans un hangar tout proche, des troncs d’arbre nous ont été préparés et mis  en place sur le chariot d’amenage des grumes.

Madame TAVIOT,  seule aux commandes, actionne la scie à ruban, présente la grume et lance son chariot vers celle-ci. La première dosse est descendue en quelques secondes, et s’ensuivent à une cadence digne des « temps modernes » toutes les planches qui reformeront la bille à la sortie de la scierie. Le sciage en plot se découvre en « live » pour nos étudiants.

Après force explication et démonstration étonnante, un  v rai cour de technologie nous est dispensé en direct.  Les défauts du bois, les bois sur quartier, les loupes, les « gélivures » et autres « roulures » et « échauffements » trouvent des explications claires et cohérentes.

Prises de notes, de photos, de croquis donnent à ce voyage une dimension pédagogique non feinte, les professeurs d’un après midi savent passionner leur auditoire.

Il est extraordinairement incroyable que deux personnes  munies de leur seule volonté, un sens inouï du marché des bois précieux et possédant l’amour du bois aient réussi  à créer une entreprise qui aujourd’hui livrent  en France et dans beaucoup de pays européens aussi bien les artisans et les grands groupe de luxe.

Nous avons rencontré deux personnes d’exception, sachant parler vrai de leur métier, réussissant à communiquer leur passion  et à capter l’attention de 75 étudiants qui même transis de froid ont écouté avec passion les explications.

Encore un grand merci à Madame et Monsieur TAVIOT.