DSAA EEM 1 et 2

DSAA 1 EEM : Scénographier le dessin ?

Février 2017

L'exposition Machines à dessiner au Musée des arts et métiers est l'occasion pour les DSAA 1 EEM de se confronter à la pratique du dessin, de s'interroger sur sa mise en scène et rencontrer le dessinateur François Schuiten, chez lui.


D'abord revenir à la pratique, le dessin d'observation sur chevalet. La sanguine impose une prise en doigts comme un geste qui distingue définitivement dessiner et écrire. Lorsqu'on dessine le corps entier est mobilisé, tendu. L'outil incite encore à davantage regarder que tracer car il ne se gomme pas, ou mal. La construction rigoureuse est indispensable à l'apparition progressive du dessin sur le support. Patience et humilité vont de pair lorsqu'on se lance sur un format raisin pour plusieurs heures.

Comprendre un modèle, en saisir l'esprit, la structure, en percevoir les lignes de forces comme les équilibres ne va pas de soi et requiert apprentissage. Il faut apprivoiser le modèle, comme son naturel empressement à l'apparence des choses. Dessiner c'est d'abord rendre visible ce qui ne se voit pas, avant ce qui "saute aux yeux". Motifs et effets de matières doivent être ignorés, ainsi que les ombres et les lumières. Un dessin est d'abord un réseau de lignes, de points de repère, de directions...

Scénographier le dessin est une gageure, tant l'acte impose plus qu'un accrochage. Un musée n'est pas une galerie. Les oeuvres n'y sont pas à vendre. François Schuiten et Benoit Peeters son complice des Cités obscures, conçoivent ensemble depuis la fin des années 80 des scénographies particulièrement immersives, visant l'expérience de visite la plus forte et "dépaysante" possible. Scénographie et utopie y deviennent alors synonymes. 

C'est pour comprendre les liens entre l'oeuvre graphique de François Schuiten comme sa vision de l'activité de scénographe que les étudiants ont visité l'exposition Machines à dessiner. Conçue comme une invitation à dessiner, elle offre ainsi au visiteur le crayon, la feuille et les modèles nécessaires au passage à l'acte, sous l'oeil bienveillant du dessinateur/scénographe/commissaire François Schuiten. Organisation spatiale, lumière, son, intéractifs sont étudiés de près.

Après une séance de dessin d'observation dans la salle dédiée (dont le mobilier de dessin a d'ailleurs été prété par l'école Boulle) les étudiants se rendent chez François Schuiten à son invitation, afin d'en savoir plus. À partir du ressenti de l'exposition s'engage un dialogue sur la pratique scénographique et ses enjeux. Les conseils sont plus précieux que toute méthode. L'humain comme clé du succès ainsi que la prise de risque sont largement valorisés par l'auteur.

 

Merci à François Schuiten pour son amicale et si inspirante invitation. Merci au Musée des arts et métiers et à Yves Winkin son directeur, pour l'accueil dans l'exposition Machines à dessiner. Merci au Centre Wallonie-Bruxelles et à sa directrice Anne Lenoir pour les bandes dessinées offertes aux étudiants.

 

Machines à dessiner au Musée des arts et métiers. Du 24 octobre au 26 mars 2017. www.arts-et-metiers.net/musee/machines-dessiner