Raphaëlle Simmonds DMA RMD

Un DMA dans l’atelier de Restauration de Mobiliers

Promotion 2015

Tout commence en 2012, après une réorientation radicale, je passe d’une Bi-licence Droit/Anglais à la Mise en à niveau en Métiers d’Arts de l’école Boulle me permettant ainsi d’intégrer le DMA. C’est en 2015 que je passe le diplôme en Restauration de Mobiliers. Il s’oriente à travers deux projets, la restauration d’un meuble, et une recherche en création. Explications !

 

  1. JUIN 2014. Ça commence toujours juste avant l’été. L’ensemble des DMA découvre le thème de réflexion imposé pour notre année terminale : «  SANS ». Mais pour nous quatre, les restauratrices, c’est aussi la découverte de nos meubles respectifs  qui seront  les enjeux de notre futur diplôme. Je découvre l’objet chéri : une commode « Transition » estampillée Pierre Roussel. C’est en l’exposant à la lumière, que je peux enfin vraiment l’observer ; premier réflexe prendre des photos et des notes. Ensuite, je m’arrête, je tourne autour, j’avance, je recule, je la juge… La rencontre avec un meuble, c’est comme avec une personne : il faut s’apprivoiser mutuellement.

 

  1. OCTOBRE 2014. Il reste peu de temps avant l’accréditation : première rencontre avec le jury, que je vis un peu comme la prochaine fin du monde… Petite précision, l’accréditation est un jury oral déterminant pour la suite du projet, cela induit un travail important de recherches et d’investigation.   De nombreuses recherches historiques sont à réaliser, ainsi que le constat d’état du meuble cependant il faut rester concentrée sur la partie technique, comment la restaurer ? Les choix des interventions se révèlent plus difficiles que prévu : comment trouver les solutions qui permettront de respecter au maximum l’intégrité du meuble ?

 

 

  1. JANVIER 2015.  La moitié de l’année est passée et  la restauration bien avancée. L’état de détérioration de la structure demandait un démontage complet du meuble et une dépose des marqueteries des deux côtés. Un travail impressionnant, et tellement formateur. Je dois tout de même remercier notre chère pompe à vide de l’atelier de restauration. En effet, la technique du vide d’air, utilisée depuis peu dans les ateliers m’a permis de réaliser de nombreuses étapes, comme la réhydratation des colles et la dépose des marqueteries.

 

  1. JUIN 2015. Les « charrettes » ! La fin de l’année reste toujours un moment stressant où les jours restants se comptent sur les doigts de la main. Apprendre à gérer son temps, telle fut la devise de nos professeurs tout au long de l’année, mais malgré les plannings et les fiches de temps/horaire réalisés, nous sommes toujours un peu pressées. Pour ma part, c’est le stade de la finition et des retouches chromatiques mais il faut savoir que c’est sûrement la partie la plus longue dans une restauration…

 

  1. 19 JUIN 2015. Margaux et Aurore, mes amies et collèges d’atelier sont passées, Anne finit sa présentation. Je marche dans le couloir entre les escaliers. J’attends, je passe la dernière, inquiétude maximale… Je me remémore toute l’année qui s’est écoulée. Le travail soutenu de restauration, de recherche et d’analyse  recoupant  l’ensemble des matières de la formation m’ont permis d’apprendre de nouvelles techniques. Cela m’a aussi permis d’appréhender un ensemble de questions émises par les problématiques de déontologie émanant du meuble. La restauration d’un meuble ne répond qu’à une suite logique de questions.

 

Après cette année, j’ai voulu essayé un autre métier d’art, complémentaire de mon diplôme : la marqueterie.  C’est pourquoi, je réalise aujourd’hui une formation complémentaire non diplômante, qui me permet d’apprendre les différentes techniques de la marqueterie, au sein de l’atelier de l’école mais aussi grâce à différents stages, en marqueterie de bois, de pierres dures, de paille…

 

Raphaëlle Simmonds