L'aboutissement des années de DMA

L'atelier d'ébénisterie

Une formation en 3 ou 5 années

L’ébénisterie… un nom qui recouvre beaucoup d'activités, dépassant la simple définition du métier de celui qui pose un décor sur un support de bois massif. Aujourd'hui, le DMA ébénisterie, peut aussi bien être attribué à un ébéniste traditionnel qui effectue parfaitement une copie de meuble prestigieux, mais surtout à de jeunes étudiants, qui ont créé et réalisé une œuvre contemporaine, développée à partir d'un thème, élaborée avec des matériaux de notre époque, détournés souvent de leur destination habituelle et qui habilement ordonnancés peuvent laisser apparaître une création originale patrimoine de demain.

L’ébénisterie

Aujourd’hui, l’ébénisterie n’est plus uniquement le travail traditionnel des bois, des placages et des matériaux dits nobles. Comme tous les autres métiers d’art, elle est en perpétuelle recherche et évolution pour ne pas dire souvent révolution.

Le bois, matière première traditionnelle, est déjà utilisé sous toutes ses formes, massif, lamellé, rétifié, précontraint, composite. Aujourd’hui d’autres matières naturelles moins traditionnelles s’inscrivent  également dans les décors. Nous en voulons pour exemple des feuilles d’arbre séchées, des écorces affinées, des fruits et des légumes momifiés, de la pierre, des cuirs et des herbes, tous ces matériaux qui trouvent  leur place dans de nouvelles créations sous formes de placages.

L’ébénisterie s’approprie également des matériaux nouveaux et parfois insolites pour créer et fabriquer d’autres meubles plus contemporains mais répondant encore aux canons de l’ébénisterie traditionnelle :  l’acier Korten dont la rouille superficielle le protège d’une altération plus profonde  et qui colore le meuble d’une peau aux multiples reflets ; la cotte de maille drapant cet autre meuble en s’inventant à chaque jeté de nouvelles formes ; et les exemples se multiplient  encore grâce aux recherches des étudiants qui continuent de s’approprier et de détourner tout ce qui nous entoure.

Naturelles ou non, ces matières d’œuvre sont encore parfois travaillées  avec des méthodes ancestrales : sciage de placage, collage à la colle d’os, formes travaillées au wabstringue et au rifloir, filets ou moulures grattés au tarabiscot.

C’est l’apprentissage  de ces savoirs que les étudiants découvriront au cours de leurs premières années d’étude à l’École Boulle.

Ils apprendront tout d’abord l’utilisation de tous les outils de l’ébénisterie afin que ceux-ci deviennent rapidement la continuité naturelle de leur main. Ces outils devront être parfaitement reconnus, affutés et utilisés dés la première année.

Dés la seconde année ils découvriront ce qu’est la conception et la réalisation d’un meuble complet aux lignes généralement droites afin d’entreprendre durant la troisième année un meuble aux formes courbes avec le tracé de notre mythique pied Louis XV.

Le parcours annoncé se poursuivra en DMA1 où là ils découvriront la création de mobilier. Ils développeront autour de thèmes proposés par les enseignants d’arts appliqués des recherches qui les amèneront à inventer, à mettre au point, à maquetter, à ajuster, à dessiner, à créer  un meuble répondant aux exigences attendues.

Arrivera alors pour eux le moment tant attendu de l’année du diplôme durant laquelle  ils devront mener LEUR projet qu’ils présenteront lors du jury final.

Suivant un thème commun à tous les étudiants en DMA2 de l’École, ils partiront durant les vacances d’été précédant cette année de diplôme munis des questions relatives à ce sujet.

Durant les vacances d’été, ils rechercheront dans de multiples secteurs différentes pistes pouvant les aider à développer leurs idées. Que ces pistes soient iconographiques, littéraires, cinématographiques, photographiques…, ils les réuniront, les analyseront et les classeront pour en tirer le meilleur profit.

Ils en dégageront alors un concept fort traduit par de nombreuses esquisses graphiques et volumiques. Tout cela sera organisé et présenté devant un jury de professionnels et de professeurs qui critiquera et validera le meilleur axe de recherche.

Ensuite des maquettes puis des prototypes grandeur réelle permettront de mieux apprécier les proportions des volumes, d’approfondir la cinétique, la mis en œuvre des matériaux, jusqu’à trouver la juste expression du détail.

Après la poésie des maquettes, la rigueur des plans de construction viendra parfois tempérer la généreuse créativité qui avait séduit professeurs et jury.

Viendra alors le temps de la réalisation, du débit des matériaux aux finitions, dans des délais toujours trop courts, car durant cette phase il faut souvent en confirmer une autre trop souvent délaissée : l’expérimentation.

Arrive enfin l’épreuve finale et redoutée de la présentation de l’œuvre, de l’argumentation orale devant le jury, celle qui décidera de l’obtention de l’U.E. 8 (Unité d’Enseignement) synonyme le plus souvent de l’obtention définitive du diplôme.

La réussite de ce que les étudiants vivent comme un challenge exténuant, point d’orgue de leur cursus, ne tient pas qu’à la simple maîtrise technique, loin s’en faut ; c’est aussi la découverte des affres de la création, l’entraide au sein d’une équipe pour ne pas dire de l’atelier, le respect des délais difficilement tenables… Les professeurs n’ont quant à eux qu’une seule finalité : l’entrée réussie des étudiants dans une vie professionnelle épanouissante.

Professeurs ébénisterie

  • Pierre BOIRAT
  • Bruno GAUDINEAU
  • Patrick VASTEL       

Professeurs machines

  • Fabrice CHOUARD
  • Jean Louis IBRON
  • Steven LEPRIZE